Les Enfants de Saturne... Je me le répète comme une jolie promesse : le mythologique, c'est comme de bons préliminaires.
Ateliers Berthier. 19h50. Une classe prépubère collée aux coudes, qui vous foire déjà un peu vos préliminaires.
-Message à l'attention des professeurs plein de bonnes intentions: S'il vous plaît, n'emmenez pas vos classes au théâtre, ça fait chier tout le monde! Les élèves mais aussi le monsieur qui a payé sa place 15€ pour faire le vilain gendarme pendant 2h50, jusqu'à avoir des crampes à l'index à force de faire "Shut"-
Le directeur de l'Odéon passe l'aspirateur (j'ai décrypté la situation, interprétez comme vous voudrez.) Nous sommes dans un bureau bourgeois, quartier général de Saturne, fondateur du journal La République. Toutes les pierres sont posées. De là commence une chute immuable: celle du quotidien qui va disparaitre, celle des enfants du dieu carnivore, Ans, Paul et Simon. De l'autre côté il y a Ré, le bras droit de Saturne, le fils illégitime, Jupiter en quelques sortes.
Le propos est alléchant: vouloir chatouiller "le Pire" en reprenant le mouvement d'une tragédie, mais dans une époque contemporaine. Olivier Py reste fidèle à ses fulgurances poétiques mais se laisse déborder par sa machine, par sa langue qu'on n'arrête plus. Une cavalcade de mots comme un rouleau compresseur qui oublie peut-être le plus heureux relief qu'est le silence. Car de cette densité qui rabote la Morale et redéfinit l'Histoire, il ne reste pas grand chose. Les majuscules s'entrechoquent et finissent irréversiblement par s'annuler. Les références se dissolvent. La poésie a foutu le camp. Je confesse avoir pensé qu'Olivier Py visait le Baccaulérat Théâtre 2015, tellement ce texte réclame de l'analyse.
Ateliers Berthier. 19h50. Une classe prépubère collée aux coudes, qui vous foire déjà un peu vos préliminaires.
-Message à l'attention des professeurs plein de bonnes intentions: S'il vous plaît, n'emmenez pas vos classes au théâtre, ça fait chier tout le monde! Les élèves mais aussi le monsieur qui a payé sa place 15€ pour faire le vilain gendarme pendant 2h50, jusqu'à avoir des crampes à l'index à force de faire "Shut"-
Le directeur de l'Odéon passe l'aspirateur (j'ai décrypté la situation, interprétez comme vous voudrez.) Nous sommes dans un bureau bourgeois, quartier général de Saturne, fondateur du journal La République. Toutes les pierres sont posées. De là commence une chute immuable: celle du quotidien qui va disparaitre, celle des enfants du dieu carnivore, Ans, Paul et Simon. De l'autre côté il y a Ré, le bras droit de Saturne, le fils illégitime, Jupiter en quelques sortes.
Le propos est alléchant: vouloir chatouiller "le Pire" en reprenant le mouvement d'une tragédie, mais dans une époque contemporaine. Olivier Py reste fidèle à ses fulgurances poétiques mais se laisse déborder par sa machine, par sa langue qu'on n'arrête plus. Une cavalcade de mots comme un rouleau compresseur qui oublie peut-être le plus heureux relief qu'est le silence. Car de cette densité qui rabote la Morale et redéfinit l'Histoire, il ne reste pas grand chose. Les majuscules s'entrechoquent et finissent irréversiblement par s'annuler. Les références se dissolvent. La poésie a foutu le camp. Je confesse avoir pensé qu'Olivier Py visait le Baccaulérat Théâtre 2015, tellement ce texte réclame de l'analyse.
Au delà du verbe, les faits aussi sont ornements : l'inceste est paysage et le sexe religion - l'hétérosexualité en guise d'Islam!-
Ce n'est pas non plus dans la scénographie pétrit de naturalisme que le poétique advient. Même en voulant nous faire tourner la tête par un dispositif qui ballade le public de la chambre au cimetière, rien n'y fait, ça me rappelle le train fantôme de Disneyland - ça peut valoir un "c'est rigolo" à la rigueur et une petite boutade qui me fait un peu marré : "les Enfants de Ca Tourne". Bon. -
Pourtant je trouve qu'il y avait du beau monde sur scène. Amira Casar sublime utérus solitaire, qui n'aurait d'ailleurs supportée la présence d'aucune autre femme tellement elle irradie. Pierre Vial qui campe un fossoyeur rugueux et qui arrive à s'extraire de l'emphase avec laquelle jouent tous les autres. Et Michel Fau, qui reste un magnifique comédien même lorsqu'il succombe au lyrisme voulu par Py - ça ne peut en être autrement.Ce n'est pas non plus dans la scénographie pétrit de naturalisme que le poétique advient. Même en voulant nous faire tourner la tête par un dispositif qui ballade le public de la chambre au cimetière, rien n'y fait, ça me rappelle le train fantôme de Disneyland - ça peut valoir un "c'est rigolo" à la rigueur et une petite boutade qui me fait un peu marré : "les Enfants de Ca Tourne". Bon. -
Même s'il y a de l'indigeste dans Les Enfants de Saturne, que le trop règne en bon maître sur tout le spectacle, il y aussi de vrais moments de grâce.
Mais cette scène de fin est tellement moche, bordel!
Les Enfants de Saturne, de et par Olivier Py
Du 18 septembre au 24 octobre, au Théâtre de l'Odéon, Ateliers Berthier.
Du 18 septembre au 24 octobre, au Théâtre de l'Odéon, Ateliers Berthier.

Le spectacle a été éreinté dans je ne sais plus quel quotidien. Je crois que j'irai quand même, à la recherche des "vrais moments de grâce".
RépondreSupprimerPour la parenthèse sur les profs, puisque je l'ai été, prof, je me souviens avoir emmené mes élèves au théâtre aussi souvent que je pouvais... et avoir pesté quand j'y allais seul et qu'un prof ne maîtrisait pas les siens... Faut être indulgent!
Pierre, merci de prendre le temps d'y laisser quelques mots. Juste te dire que ce blog ne tente en rien d'être une critique journalistique, mais un espace d'écriture autour d'un moment scénique, lacunaire, éreinté et pas forcément argumenté. Cela relève plus du billet d'humeur que d'une critique. CE qui est sûr dans mon expérience spectateur, c'est que les moments de grâce ont été évincés par le surplus, et l'emphase. Aussi, j'ai préféré ne pas m'étaler.
RépondreSupprimerPour les profs, j'avoue mon intolérance, m'en excuse aussi. -De la même façon que j'eusse aimé que ces adolescents en fasse autant!
Pour la critique (que je ne pratique pas ou peu du reste), j'en reviens souvent aux principes de Baudelaire: la critique doit être partiale, passionnée, politique...
RépondreSupprimerLe surplus, l'emphase, c'est bien ce que je crains en l'occurrence, mais autant le constater...
Quant à l'intolérance, je la comprends bien! Ces situations peuvent êtte insupportables!
Au plaisir